Bilan articulaire : où s’arrête l’acte coté AMK, et ce qui sort de la nomenclature
Le bilan ostéoarticulaire figure déjà à la nomenclature et se cote AMK. Toute prestation d’évaluation facturée librement doit donc se situer franchement en dehors de cet acte, sans prescription et sans visée thérapeutique, ou elle n’est qu’un dépassement déguisé. Voici où passe la frontière, ce qu’elle impose par écrit, et ce que la mesure vidéo ne sait pas faire.
Le bilan ostéoarticulaire existe déjà, et il se cote
Un bilan articulaire réalisé dans le cadre d’une prise en charge prescrite n’est pas une prestation à inventer : le bilan ostéoarticulaire figure à la nomenclature et se cote AMK. Une personne adressée pour son genou, son épaule ou son rachis relève de ce bilan au titre de sa prise en charge. Le facturer une seconde fois sous un autre nom, au motif qu’une mesure vidéo a été ajoutée, revient à faire payer un acte déjà pris en charge.
Ce qui distingue des honoraires libres d’un dépassement sur un acte remboursé n’est ni le matériel employé, ni le temps passé, ni la qualité du compte rendu. C’est l’absence de prescription, l’absence de visée thérapeutique, et le fait que la personne ne soit pas suivie par vous pour la région anatomique mesurée. Cette séparation se décide avant la séance, pas au moment d’établir la facture.
La conséquence est immédiate et peu confortable : votre patientèle en cours de traitement n’est pas le public de cette prestation. Si une personne suivie pour son genou demande une mesure de son genou, cette mesure appartient au bilan de sa prise en charge et ne se facture pas en plus. La proposer quand même, même avec un accord écrit de sa part, transforme un acte pris en charge en acte payant.
Ce qu’une évaluation sans prescription peut être
Reste une prestation étroite, et il faut l’assumer comme telle : une mesure documentée, demandée par une personne qui n’est pas votre patient pour cette région, sans prescription, sans soin associé, et sans conclusion rendue sur son état de santé. Le livrable est un compte rendu de mesures, avec les angles relevés sur une prise vidéo, la date, les conditions de la prise, et une place laissée à votre commentaire.
Les conditions se cumulent. Une seule qui manque suffit à faire tomber l’ensemble, et c’est à vous de vérifier la liste avant d’accepter le rendez-vous, pas après.
Si une telle demande se présente, y répondre sans basculer dans le soin demande une discipline de vocabulaire. On décrit une amplitude mesurée un jour donné, dans des conditions données, et rien de plus. Dès que la conversation porte sur une douleur ou sur une conduite à tenir, la séance a changé de nature et doit être traitée comme telle.
- aucune prescription n’est en jeu, et vous n’en demandez pas
- la personne n’est pas prise en charge par vous pour la région mesurée
- aucun soin, aucune technique de rééducation n’est délivré pendant la séance
- rien n’est transmis à l’assurance maladie, et aucune feuille de soins n’est établie
- la case « Conclusion du praticien » reste la vôtre : le logiciel ne la remplit pas, et ce que vous y écrivez vous engage
Information écrite, affichage, note d’honoraires
L’information écrite se remet avant la séance, pas pendant, et vous en gardez un exemplaire. Elle nomme les choses : prestation non thérapeutique, réalisée sans prescription, hors nomenclature, non remboursée, et pour laquelle aucune prise en charge n’est demandée ni attendue. Elle indique le prix, ce que contient le compte rendu, et surtout ce qu’il ne contient pas. Une personne qui repart en croyant avoir obtenu un avis sur sa santé a été mal informée, quel que soit le papier signé.
L’affichage en salle d’attente est l’autre pièce du dispositif. Les honoraires de cette prestation y figurent, lisibles, au même endroit que le reste de votre information tarifaire. Vous les fixez vous-même, avec tact et mesure, et vous devez pouvoir expliquer ce qui justifie le montant affiché : le temps de la prise, celui du cadrage, celui du compte rendu. Un prix qu’on ne sait pas justifier est un prix qu’on finira par avoir à défendre.
La facturation suit : une note d’honoraires, hors feuille de soins, distincte de votre activité conventionnée dans votre comptabilité comme dans vos archives. Conservez ensemble l’information écrite remise, la note et le compte rendu de la prise. Prévenez également votre assureur en responsabilité civile professionnelle que vous réalisez ce type de prestation, avant la première et non après.
Ce que la mesure donne, et ce qu’elle laisse en blanc
Le catalogue compte aujourd’hui 34 tests, répartis sur quatre régions : membre inférieur (23), membre supérieur (6), rachis et posture (3), course (2). Un test a été retiré. Onze bilans sont proposés, dont un global de 32 tests, la course exclue, quatre bilans par région et six par articulation. 25 tests sur 34 sont unilatéraux et imposent de déclarer le côté avant la prise, ce qui évite les comptes rendus où personne ne sait plus quelle jambe a été filmée.
Avant que l’enregistrement ne s’ouvre, le cadrage est contrôlé en direct, et le nombre de ces contrôles dépend du test. Debout, corps entier, il y en a neuf : corps entier dans le cadre, redressez le téléphone, mettez la caméra à hauteur de hanche, distance correcte, reculez ou baissez la caméra, il faut de la place au-dessus de la tête, pieds dans le cadre, sujet centré, vue de profil franche, ou vue de face franche selon le test, sujet immobile. Patient allongé, il en reste sept, et l’orientation devient « Orientation non contrôlée (patient allongé) ».
Après la prise, le contrôle qualité peut refuser le travail. Exemple réel relevé sur un squat bras levés filmé à la main en 608×1080 : verdict « Prise à refaire », deux points à corriger, « Caméra immobile 40 px (3.7 %) · téléphone tenu à la main ? » et « Répétitions 1 sur 3 attendues », deux points à surveiller, 16 contrôles passés. La même prise avait traité 586 images en 25,8 s pour 11,1 s de vidéo.
Le compte rendu de cette prise porte alors, mot pour mot : « Prise non conforme. Le contrôle qualité de cette prise n’est pas satisfait. Les valeurs ci-dessus sont rapportées pour mémoire ; elles ne devraient pas servir de référence sans refaire la prise. » Les lignes imprimées restent lisibles, reproduites ici telles que le produit les affiche : flexion de genou 101.1° (± 3°) en notation SFTR 0-1-101, flexion de hanche 118.6° (± 4°), inclinaison du tronc 40.6° (± 3°), suivies de la courbe, de deux images clés, du bloc « Portée et limites », et de la conclusion laissée vide.
Ce qui n’est pas établi, et qu’il faut dire
Un seul des 34 tests dispose d’une répétabilité quantifiée. Les 33 autres portent la mention « répétabilité non établie », et il n’existe à ce jour aucune comparaison à un goniomètre. L’incertitude imprimée entre parenthèses est propre à chaque grandeur et relevée sur la prise en cours : c’est l’incertitude relevée sur cette prise, propre à chaque grandeur, pas une exactitude validée contre un étalon. Dire cela au patient avant de lui remettre le compte rendu fait partie de la prestation.
La mesure est plane. Tout mouvement hors du plan de la caméra lui échappe, rotations axiales comprises, et le logiciel l’écrit au lieu de rendre un chiffre. Sur les compensations, la déviation relevée en deux dimensions augmente aussi avec la flexion du genou par effet de perspective : elle ne se compare qu’entre deux séances filmées de la même place, et ne distingue pas le valgus du varus. Sur la course, filmée sur tapis à 60 images par seconde au minimum, le temps de contact au sol n’est pas mesuré, l’oscillation verticale est donnée en pourcentage de la taille faute d’échelle métrique, et la bascule du bassin est rendue sans signe.
L’analyse tourne dans le navigateur, sur l’appareil du praticien. Le serveur ne porte que le compte et l’abonnement : aucune vidéo, aucun nom, aucune mesure. Côté coût, le seul montant que nous citons est celui de l’abonnement, 19,99 € HT par mois ou 239,88 € HT par an. Nous ne citons aucun prix de bilan, ni constaté ni conseillé, et nous n’avançons aucun chiffre de recette : ce que vous facturez, et si vous facturez, ne dépend que de la frontière décrite plus haut.
MAIA Motion mesure les amplitudes articulaires à partir d’une vidéo prise au téléphone, dans le navigateur, sans qu’aucune donnée de patient ne quitte votre appareil. 19,99 € HT par mois, sans engagement.